Mariève

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Environnement

Amoureuse de la nature et des communications, Mariève porte plusieurs chapeaux et elle adore ça. « J’aime trop de choses ! Je suis quelqu’un de super enthousiaste. » Elle met à profit ses intérêts pour essayer de conscientiser les gens face à l’environnement et aux enjeux du développement durable. On oublie le discours moralisateur, l’idée est de trouver une façon de vivre qui fait du bien à tout le monde, à commencer par soi !

Toute petite, Mariève habite près d’une cabane à sucre et son père l’amène dans le bois toutes les fins de semaine. La nature et les animaux la fascinent, et elle aspire à étudier en écologie. Comme son amour des sciences rencontre ses limites au Cégep, elle se tourne plutôt vers la littérature, puis va travailler deux ans sur une ferme en Colombie-Britannique après son baccalauréat. C’est là-bas qu’elle commence à se poser des questions. « Je faisais de l’irrigation, et à un moment donné on m’a demandé d’aller changer une valve dans un champ. Le champ venait d’être arrosé de pesticides et ils ne me l’avaient pas dit. J’ai été super malade, j’ai vomi pendant 24h. Avant ça, le bio, être engagée, ça ne me disait rien pantoute. Ça a été le début. » À son retour à Montréal, elle réintègre les bancs d’école pour compléter un diplôme de 1er cycle en sciences de l’environnement à l’université McGill. Elle tombe dans le bain, celui des gens super engagés. « J’appelais ça un love festival, tout le monde s’aimait, tout le monde s’encourageait. »

Dans le but de combiner ses deux passions que sont la littérature et l’environnement, Mariève poursuit ses études à la maitrise et étudie les discours environnementaux au Québec. Sa tête bouillonne d’idées et elle a envie de faire bouger les choses. « Aussitôt que je suis arrivée au département de littérature, je me suis dit « je vais faire un comité environnemental ! » Je fais un beau plan avec des actions pour les étudiants, les profs, le staff administratif, et là, je frappe mon premier mur. C’est la première fois que je me suis sentie vraiment pas prise au sérieux. Comme si on me disait check la petite fifille, elle essaie de faire quelque chose de mignon parce qu’elle arrive d’environnement, mais tsé, laisse-nous tranquille. » Elle ne se laisse pas démonter pour autant et s’emploie à trouver d’autres avenues pour parvenir à ses fins. Elle intègre l’association étudiante et s’implique dans le plus de comités possibles.

Plongée dans le printemps érable

Quatre ans plus tard, la voilà à la vice-présidence aux affaires externes et gouvernementales de l’association étudiante. On est en 2012 et elle prend en charge les dossiers gouvernementaux. « Est-ce que j’ai besoin de vous remettre dans le contexte ? » Elle entre en poste avec l’apparition des carrés rouges. Elle se donne pour mission de produire une brochure neutre sur les frais de scolarité, basée uniquement sur des faits, de manière à informer les étudiants sans prendre position. « En faisant la recherche, je me suis rendue compte que je ne pouvais pas faire ça. Pour chaque position, il y en a une opposée, et les deux sont basées sur des faits, sur des recherches, sur des chiffres qui sont « vrais » et « voulus objectifs », avec ben des guillemets. On peut vouloir être le plus objectif possible, mais on ne l’est jamais vraiment. Et là je me suis jetée à fond. Je pense que c’est la première fois de ma vie que j’ai pris position. » Une expérience tellement marquante qu’elle fera paraitre un ouvrage collectif regroupant une centaine d’auteurs et d’artistes québécois, le Dictionnaire de la révolte étudiante.

Apprivoiser l’enseignement

Mariève est convaincue qu’une des meilleures façons de faire une différence en environnement est de passer par l’éducation. « C’est important d’éduquer, pas juste de sensibiliser. Parce que tu peux aimer quelque chose et ne pas nécessairement en prendre soin de la bonne façon. » Elle s’évertue donc, que ce soit en enseignant ou en écrivant, à transmettre ses connaissances pour outiller les gens et les amener à aiguiser leur sens critique.

La première offre pour enseigner se présente alors qu’elle n’a pas encore terminé sa maitrise. « Au début j’aimais pas ça, j’étais ben trop anxieuse ! J’étais terrifiée, j’avais un gros sentiment de l’imposteur. Ce que j’aimais, c’était d’être assise un à un avec les étudiants pour les aider avec leur écriture. » Leur lacune dans ce domaine est flagrante. « Vous avez beau faire les meilleures recherches du monde en environnement, si vous n’êtes pas capables de les transmettre… » Elle commence donc à offrir bénévolement des ateliers d’écriture aux étudiants, de sa propre initiative. « C’est devenu super populaire ! C’était en-dehors des heures de cours et j’avais un taux de participation de 90%. Au bout de deux ans tout le monde voulait m’envoyer ses étudiants. » Devant ce succès, le Writing Center vient finalement la chercher pour qu’elle y offre ses ateliers.

D’une session à l’autre, sa charge de cours diffère. Elle explore la pensée écologique, analyse des initiatives en développement durable à Montréal et donne un cours au titre évocateur, The writer, from self to citizen. « Depuis deux ans j’ai moins d’anxiété, je commence à apprécier enseigner à un groupe. J’ai presque toujours des câlins à la fin des sessions ! C’est vraiment gratifiant. Je travaille avec des jeunes qui sont plein d’idéaux. Ils veulent changer le monde, ils ne sont pas désillusionnés, ils ont des idées merveilleuses, c’est énergisant. Un étudiant m’a déjà dit « Es-tu en train de nous dire que tu voudrais qu’on utilise ce qu’on apprend dans le cours pour essayer d’être de meilleurs citoyens et d’être plus engagés ? » Oui, c’est exactement ça que je veux ! »

Des initiatives positives

Afin de rejoindre un plus large public, Mariève lance il y a environ un an son blogue Histoire de s’inspirer. « Je voulais sortir du silo universitaire. En montant le projet, mon but était d’inspirer les gens et de montrer qu’adopter un style de vie plus écoresponsable est une façon de vivre mieux et d’être plus heureux. C’est pas juste des sacrifices ! Exemple, tu décides d’être un peu plus minimaliste et de désencombrer ton appart. Ça te fait du bien, t’as pas « sacrifié » tes choses. Au contraire tu te sens plus léger, tu te sens mieux. Au lieu de dire qu’il faut couper ou arrêter de, j’essaie plutôt de présenter une nouvelle façon de faire qui est plus inspirante, plus belle et plus l’fun. »

Depuis l’été dernier, elle possède également avec un de ses amis des chalets écoresponsables qu’elle loue à des visiteurs. « Plusieurs gens associent écoresponsable avec technologies vertes. Mais c’est tellement plus que ça! C’est ton approvisionnement, comment tu nettoies, comment tu entretiens l’endroit, de quoi tu fais la promotion. Je vais accueillir les gens avec des paniers de trucs locaux bios. Je suis en train de faire des affiches pour chaque chalet, pour expliquer un petit peu notre démarche. Pas pour faire la morale, juste pour dire que ça se fait, que c’est possible. »

Plus d’écriture et de nature

Au-dessus d’une tasse de thé (du thé Oolung de Taïwan, elle en a toute une collection), Mariève confie que « la souris des champs » en elle aspire un jour à s’établir dans le bois, tout en gardant un pied-à-terre à Montréal pour poursuivre ses charges de cours. Mettant à profit son expertise et son expérience, elle travaille actuellement au démarrage d’un service de consultation en communication environnementale. « Je fais beaucoup de médiation. Je me vois un peu comme une traductrice, qui fait en sorte que les discours passent et se font comprendre. Et puis quand on est au doc, on devient des experts en subvention !  Je veux soutenir les entreprises écoresponsables, les faire connaitre et participer moi aussi à améliorer la société et le monde duquel nous dépendons. » Et puis il y a l’écriture, toujours. Le blogue continuera d’être nourri de ses histoires inspirantes. D’autres projets pourraient voir le jour, et un saut éventuel en politique n’est pas écarté.

Et point de vue environnemental, comme envisage-t-elle le futur ? « Je veux résister au discours défaitiste qui dit qu’il n’y a pas d’espoir. J’ai aucun doute que le +2 degrés va arriver, on va pas le prévenir. Je suis réaliste, mais ce n’est pas du cynisme non plus! Peu importe ce sera quoi la situation climatique, il faut essayer de trouver de nouvelles façons de vivre qui seront plus durables. Et le chemin que j’ai choisi de poursuivre, parce que moi je trouve que c’est le meilleur, c’est la voie positive, optimiste, joyeuse. »

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